mercredi 1 mai 2013

Légionellose à Québec

La Santé publique a dû improviser

Première publication 30 avril 2013 à 12h50
Mise à jour : 30 avril 2013 à 18h48
TVA Nouvelles
L'enquête de la coroner Catherine Rudel-Tessier sur l'éclosion de légionellose qui a frappé 180 personnes et fait 14 victimes, l'an dernier, à Québec, s'est ouverte ce matin.
Premiers témoins à comparaître: des représentants de la Direction régionale de la santé publique, qui ont expliqué qu'ils avaient dû improviser lorsqu'ils ont constaté qu'ils avaient affaire à une éclosion majeure de légionellose.
La légionellose est difficile à diagnostiquer, ont-ils précisé, parce qu'elle présente tous les symptômes d'une pneumonie.
Elle s'attaque à des personnes dont la santé est déjà affaiblie par la consommation de tabac ou d'alcool ou parce qu'elles souffrent d'une maladie chronique, de diabète, d'obésité, que leur système immunitaire est affaibli ou qu'elles viennent de subir une intervention chirurgicale.
D'ailleurs, chacune des personnes mortes de la légionellose, l'an dernier, présentait un ou plusieurs de ces antécédents.
coronerLa coroner Catherine Rudel-Tessier à son arrivée au palais de justice de Québec (TVA Nouvelles)
Le premier cas de l'éclosion a donc été confirmé le 18 juillet, mais les cas se sont rapidement accumulés. Le 26 juillet, seulement, il y a eu trois confirmations. Voyant cela, la DRSP a mis sur pied une cellule de crise.
Le 31 juillet, la DRSP émettait un communiqué pour informer la population de l'éclosion. Du même souffle, elle demandait aux propriétaires de tours de refroidissement du centre-ville de Québec de vérifier leurs appareils et, au besoin, de procéder à leur désinfection.

Pas de répertoire

Et c'est à partir de ce moment-là que la DRSP a dû improviser.
Contrairement à ce qu'elle avait recommandé à la suite de l'épisode de légionellose qui avait fait une victime, en 1996, la DRSP a constaté qu'il n'existait aucun répertoire des tours de refroidissement et aucun organisme responsable de s'en occuper.
Avec des gens de la Ville de Québec, ses inspecteurs ont donc entrepris de dresser une liste des tours de refroidissement et de les visiter pour y cueillir des échantillons et procéder à une désinfection préventive.
C'est finalement à la mi-septembre qu'après analyse, la DRSP pourra dire que la contamination provenait de la tour de refroidissement du Complexe Jacques-Cartier, dans le quartier Saint-Roch.

Des interrogations

Plusieurs proches de victimes assistent à l'audience, dont Solange Allen, conjointe d'une victime et qui estime que la DRSP a mis trop de temps pour faire circuler l'information sur la maladie.
«On ne l'a pas eue l'information. La Santé publique ne nous l'a pas donnée, l'information. Pourquoi ils ne l'ont pas donnée? Ça aurait tellement simple».
Également présent, l'avocat Jean-Pierre Ménard, représentant de failles de victimes, qui s'interrogeait sur les leçons tirées des éclosions précédentes de légionellose.
«Il y a déjà eu au moins deux épisodes de légionellose à Québec avant celui de 2012. Il y a une question fondamentale qui se pose: qu'est-ce qu'on a appris des premières fois et qu'est-ce qu'il faut faire pour qu'on apprenne. Ça n'a pas de bon sens que ces choses-là arrivent. On a eu une des plus importantes crises de l'histoire de la légionellose, ici, à Québec.»

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