Exclusif - Urgence de l'Hôpital Haut-Richelieu
Neuf heures d'attente pour un bébé souffrant
Première publication 3 mai 2013 à 18h31
TVA Nouvelles
Un bébé de cinq mois est passé à un cheveu de tomber dans le coma après avoir attendu neuf heures à l'urgence de l'Hôpital Haut-Richelieu à Saint-Jean-sur-Richelieu le 25 avril dernier, une situation qui soulève bien des questions.
«Ça faisait huit jours que mon fils faisait de la fièvre, raconte Cassandra Courchesne. Ça a commencé par un rhume, puis la veille, il a eu de gros vomissements qui n'arrêtaient pas.»
Vers 19h le 25 avril dernier, la jeune maman de 19 ans s'est présentée aux urgences avec son fils. Le poupon a aussitôt été vu par une infirmière du triage.
«Elle nous a dit: "Il est clairement en déshydratation, il va être en grosse priorité". Et dans ses mots, elle a dit: "Il en reste pas long avant lui".»
Cassandra Courchesne (Crédit photo: TVA Nouvelles)
L'infirmière note que Luckas doit être vu par un médecin dans un délai de 30 minutes.
Dans toutes les urgences du Québec, les patients doivent être évalués par une infirmière lors de leur arrivée et on leur attribue par la suite un code de priorité. Un code 1 exige une prise en charge immédiate, un 2 est très urgent, 15 minutes d'attente. Luckas était un code 3, soit 30 minutes d'attente pour une situation urgente.
Les patients doivent aussi être réévalués si un médecin tarde à les voir. Luckas devait l'être toutes les 30 minutes, ce qui n'a pas été fait, selon sa mère, qui a interpellé les infirmières à quelques reprises.
«Quand je suis allée voir l'infirmière, elle capotait. Elle disait: "Luckas, réveille-toi!" Elle commençait à paniquer. Puis là, il s'est ouvert les deux yeux, puis il l'a regardée. Elle a dit: "OK, il est correct"», relate Mme Courchesne.
Il a finalement été vu par une urgentologue à 3h du matin, neuf heures après son arrivée. Il était en hypoglycémie et complètement déshydraté.
«Il avait les mains blanc-bleu-mauves, les pieds blanc-bleu-mauve. Elle le tenait, puis la tête lui partait par en arrière», se souvient la mère.
«On a presque terminé l'enquête, ça devrait se terminer dans les heures qui suivent. On va contacter la mère», assure la directrice de l'Hôpital Haut-Richelieu Rouville, Chantal Boucher.
Cassandra Courchesne dit également avoir été victime de son âge et de son apparence.
«Je vois des mamans passer avec leur bébé, elles sont toutes bien habillées comme des "madames", puis elles ont l'air d'avoir de l'argent. Tu le vois que les infirmières sont plus réceptives», déplore-t-elle.
(Crédit photo: TVA Nouvelles)
Malgré cette aventure qui aurait pu avoir de bien pires conséquences, tout se termine bien pour la petite famille. Le poupon est aujourd'hui hors de danger et de retour à la maison.
Toutefois, pour Cassandra Courchesne, une inquiétude demeure.
«Je ne réussis pas à comprendre que des bébés puissent attendre aussi longtemps quand un gars de 18 ans qui s'est foulé un poignet passe avant», dit-elle.
Lors de son hospitalisation, on a dû installer au petit Luckas un soluté parce qu'il risquait de sombrer dans le coma et il est resté en observation pendant deux jours à l'Hôpital Haut-Richelieu-Rouville.
- Avec la collaboration d'Harold Gagné
«Ça faisait huit jours que mon fils faisait de la fièvre, raconte Cassandra Courchesne. Ça a commencé par un rhume, puis la veille, il a eu de gros vomissements qui n'arrêtaient pas.»
Vers 19h le 25 avril dernier, la jeune maman de 19 ans s'est présentée aux urgences avec son fils. Le poupon a aussitôt été vu par une infirmière du triage.
«Elle nous a dit: "Il est clairement en déshydratation, il va être en grosse priorité". Et dans ses mots, elle a dit: "Il en reste pas long avant lui".»
L'infirmière note que Luckas doit être vu par un médecin dans un délai de 30 minutes.
Dans toutes les urgences du Québec, les patients doivent être évalués par une infirmière lors de leur arrivée et on leur attribue par la suite un code de priorité. Un code 1 exige une prise en charge immédiate, un 2 est très urgent, 15 minutes d'attente. Luckas était un code 3, soit 30 minutes d'attente pour une situation urgente.
Les patients doivent aussi être réévalués si un médecin tarde à les voir. Luckas devait l'être toutes les 30 minutes, ce qui n'a pas été fait, selon sa mère, qui a interpellé les infirmières à quelques reprises.
«Quand je suis allée voir l'infirmière, elle capotait. Elle disait: "Luckas, réveille-toi!" Elle commençait à paniquer. Puis là, il s'est ouvert les deux yeux, puis il l'a regardée. Elle a dit: "OK, il est correct"», relate Mme Courchesne.
Il a finalement été vu par une urgentologue à 3h du matin, neuf heures après son arrivée. Il était en hypoglycémie et complètement déshydraté.
«Il avait les mains blanc-bleu-mauves, les pieds blanc-bleu-mauve. Elle le tenait, puis la tête lui partait par en arrière», se souvient la mère.
Médias sociaux
L'histoire de Luckas a rapidement fait le tour de l'hôpital et s'est retrouvée sur Facebook, où de nombreux parents et citoyens ont réagi. À tel point que des gestionnaires de l'hôpital ont rencontré le père et la mère de Luckas afin d'investiguer davantage.«On a presque terminé l'enquête, ça devrait se terminer dans les heures qui suivent. On va contacter la mère», assure la directrice de l'Hôpital Haut-Richelieu Rouville, Chantal Boucher.
Cassandra Courchesne dit également avoir été victime de son âge et de son apparence.
«Je vois des mamans passer avec leur bébé, elles sont toutes bien habillées comme des "madames", puis elles ont l'air d'avoir de l'argent. Tu le vois que les infirmières sont plus réceptives», déplore-t-elle.
Malgré cette aventure qui aurait pu avoir de bien pires conséquences, tout se termine bien pour la petite famille. Le poupon est aujourd'hui hors de danger et de retour à la maison.
Toutefois, pour Cassandra Courchesne, une inquiétude demeure.
«Je ne réussis pas à comprendre que des bébés puissent attendre aussi longtemps quand un gars de 18 ans qui s'est foulé un poignet passe avant», dit-elle.
Lors de son hospitalisation, on a dû installer au petit Luckas un soluté parce qu'il risquait de sombrer dans le coma et il est resté en observation pendant deux jours à l'Hôpital Haut-Richelieu-Rouville.
- Avec la collaboration d'Harold Gagné
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