mercredi 22 mai 2013

Gaspésie

Le rocher Percé perd encore de la roche

Première publication 21 mai 2013 à 19h17
Le rocher Percé perd encore de la roche
Crédit photo : Agence QMI
Par Éric Boucher | Agence QMI
Le quai de Percé n'est pas seul à subir les assauts de Dame Nature et à avoir besoin de réfection. L'obélisque, vieux compagnon du rocher Percé, a perdu des plumes récemment, mais surtout de la roche. Quelques milliers de tonnes de roche pour être plus précis...sur des millions. Des poussières, quoi.
Il y a dix jours, elles ont été cédées à la mer dans un fracas de tonnerre et de fumée blanche. Pendant quelques minutes, des pêcheurs du secteur et des employés de la Sépaq sur l'Île Bonaventure en ont perdu de vue l'immense Rocher. Cet éboulement n'était ni le premier, ni le dernier. La morphologie du rocher Percé a passablement changé en 375 millions d'années. Il possédait même deux trous lorsque Jacques Cartier l'a aperçu pour la première fois.
Cette érosion pourrait s'accélérer. Rémi Plourde, directeur pour la Sépaq du Parc national d'Ile-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé explique que la météo lui fait la vie dure. Il est attaqué de toutes parts. La durée et la densité de la glace qui en protège le bas contre les assauts de la mer, lors des tempêtes hivernales, fond comme neige au soleil. Les périodes de redoux, plus nombreuses, l'effritent par le haut. L'eau s'infiltre au creux de la roche pour mieux la fragiliser lorsqu'elle gèle à nouveau au retour du froid.
M. Plourde ne veut pas s'avancer sur la quantité exacte de roche perdue, mais il a confirmé que c'était le plus gros éboulement sur le rocher depuis 2003, année où l'entrée Est du «trou» s'était retrouvée bouchée. «Des Européens nous demandaient de dégager le trou», s'est esclaffé le directeur de la Sépaq.
C'est que rien n'est simple quand on parle d'une structure en mer de plusieurs millions de tonnes. Le rocher fait 433 mètres en longueur, 90 mètres de largeur et 88 mètres au point le plus élevé. Son poids serait de cinq millions de tonnes. Le géographe John Mason Clarke évaluait que plus de quatre milliards de fossiles pétrifiés y étaient emprisonnés.

La nature plus forte que tout


Lors de l'entrevue, M. Plourde était très détendu. Il savait très bien que contrairement à ses homologues chez Pêches et Océans, on ne pourrait blâmer la Sépaq pour le mauvais entretien du rocher, comme ce fut le cas dernièrement pour le quai de Percé.
«L'érosion est naturelle, nous n'y pouvons rien. Ce que je trouve le plus triste, c'est que les petits pingouins ont certainement perdu une grande partie de leur site de nidification. C'était leur site», a-t-il déploré

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