mardi 21 mai 2013

Forêt boréale canadienne

Résolu et les groupes environnementaux en guerre

Première publication 21 mai 2013 à 12h24
Mise à jour : 21 mai 2013 à 17h50
Résolu et les groupes environnementaux en guerre
Crédit photo : archives Agence QMI
Par Denise Proulx | Argent
Rien ne va plus entre Produits forestiers Résolu et les groupes environnementaux. Après trois semaines intensives de négociations, les écologistes estiment que la forestière «n'en fait pas suffisamment», pour protéger la forêt boréale canadienne.
«Après avoir effectué et révisé de nombreuses analyses et avoir déposé plusieurs propositions viables, nous en sommes arrivés à la triste conclusion que Résolu n'est pas disposée à faire ce qui est minimalement requis selon la science pour protéger nos forêts et l'habitat du caribou forestier», a expliqué Patrick Nadeau, directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec).
«Résolu n'a, jusqu'à maintenant, pas prouvé qu'elle désirait parvenir à un équilibre entre ses intérêts économiques et la survie locale d'une espèce menacée à l'échelle du Canada», a ajouté Todd Paglia de ForestEthics.
Les écologistes estiment que le problème provient de la haute direction qui manque de volonté pour en arriver à des modifications significatives.
Rappelons qu'une Entente sur la forêt boréale canadienne, signée en mai 2010 et jugée historique par son audace, avait permis d'asseoir à la même table les 19 membres de l'Association des produits forestiers canadiens ainsi que neuf groupes environnementaux canadiens. Elle visait à définir des aires protégées sur plus de 76 millions d'hectares de forêt, de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve. En contrepartie, les écologistes mettaient fin à leurs campagnes négatives sur les entreprises signataires de l'entente.
Les premiers éléments de la négociation concernaient la suspension de l'exploitation forestière sur près de 29 millions d'hectares de forêt boréale pour permettre une réelle protection du caribou des bois, considéré en péril, à la suite de la perte de son habitat. Des observateurs québécois estiment que les hardes dans les régions de l'Abitibi et du Lac Saint-Jean atteindraient globalement moins de 100 têtes.
«Avec cette entente, les compagnies forestières ne perdaient pas de mètres cubes. Elles ne faisaient que déplacer leurs droits de coupe sur d'autres territoires. Or, l'habitat du caribou est bien plus large que le territoire conservé. La solution est dans les mains du ministère des Ressources naturelles qui doit éliminer des droits de coupe», dit Henri Jacob, de l'organisation l'Action Boréale.

Des propositions concrètes


Dans un communiqué émis mardi, Résolu a affirmé avoir présenté des propositions concrètes pour le Nord-Ouest de l'Ontario en appuyant «la mise en réserve de 204 000 hectares supplémentaires de forêt à des fins de conservation, procurant des aires de protection additionnelles aux caribous forestiers et à d'autres espèces.»
Au Québec, Résolu dit avoir proposé d'autres zones pouvant être protégées afin d'en porter le pourcentage total à 12%, soit l'équivalent de 692 000 hectares, en mettant l'accent sur les meilleurs habitats pour la conservation du caribou forestier. La Société a affirmé également porter une attention particulière aux Montagnes Blanches et à la Vallée de la Broadback. Elle s'en est pris particulièrement à Greenpeace qu'elle a accusé d'avoir produit un rapport «erroné et fallacieux ne tenant pas compte des réalisations de Résolu».
«Après trois ans, l'Entente a échoué à livrer un seul hectare d'aires légalement protégées. La forêt boréale demeure en danger et les forêts menacées sont toujours sous la pression d'entreprises forestières comme Résolu (...). Cette entreprise a trompé les organisations environnementales (...), et elle trompe aujourd'hui ses clients avec de fausses promesses», a répliqué Nicolas Mainville, porte-parole de Greenpeace.

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