Cinéma québecois
Le monopole de eOne fait enrager les distributeurs
Première publication 6 juin 2013 à 17h18
Par Olivier Bourque | Argent
Les distributeurs indépendants au Québec appellent à l'aide et demande une intervention du gouvernement Marois, car depuis l'arrivée d'eOne, un géant de la distribution qui a acheté Alliance et Séville, le marché est devenu invivable et plusieurs joueurs risquent de tomber, a appris Argent.
«Moi, je suis pour le marché libre, a dit Louis Dussault, président sortant du Regroupement des distributeurs indépendants du Québec et président de K-Films Amérique. Actuellement, le marché est toutefois complètement déséquilibré par un quasi-monopole exercé par eOne, qui est en train d'assécher les petits distributeurs. Ce marché risque de s'effondrer et nous allons perdre des joueurs parmi les neuf boîtes qui restent.»
eOne, c'est un joueur gigantesque, le plus grand distributeur de films au Canada. L'entreprise est cotée à la Bourse de Londres, son plus grand actionnaire est un fonds situé dans les Îles Cayman. La société a une succursale à Toronto.
En 2007, eOne a acheté Séville, puis Alliance, qui était détenu par Investissement Québec et Goldman Sachs. Les deux entités ont ensuite fusionné. Au début de l'année, le Bureau de la concurrence a donné son aval à la transaction. Résultat, Investissement Québec, qui avait investi 150 millions $ dans Alliance a vendu sa participation à perte, engendrant un gouffre de 30 millions $.
La fusion d'Alliance et de Séville a entraîné une rationalisation à l'intérieur du nouveau groupe.
Personne chez eOne n'avait rappelé Argent mercredi soir pour dire combien d'employés travaillaient à Montréal dans cette entité.
«Comment se fait-il qu'autant de deniers publics aient été investis dans Alliance, qui distribue surtout du cinéma américain? s'est interrogé M. Dussault. Les distributeurs indépendants n'ont jamais reçu une telle aide, jamais on n'a eu 150 millions $. Pourtant, nous distribuons notre cinéma national. Et pourquoi le bureau de la concurrence n'a pas mis des conditions?»
Ce qui inquiète encore plus le président de K-Films, c'est le contrôle qu'exerce eOne sur l'industrie.
Pas moins de huit films sur 12 d'eOne ont obtenu leur financement de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).
«Ils contrôlent complètement le jeu. Ils sont subventionnés et ils sont plus grands que nous, donc on peut comprendre qu'ils ont une meilleure capacité de financement et leurs projets sont acceptés», estime M. Dussault.
«On ne peut pas laisser notre cinéma national à une entreprise qui est contrôlée des Îles Cayman, qui a son sous-bureau à Toronto et son "sous-sous" bureau à Montréal. C'est le portrait d'une république de bananes», a-t-il ajouté.
Les neuf distributeurs indépendants font aussi face à un autre problème. Avant, ils distribuaient des films internationaux au Québec. Maintenant, les grands joueurs comme Sony ou eOne les devancent.
«Regardez le cas du film Amour, de Michael Haneke. Je voulais le distribuer, mais on m'a dit que c'est un Sony qui l'avait. Pourtant, cela contrevient à loi sur le cinéma», a raconté M. Dussault.
Les distributeurs indépendants demandent donc à Québec de changer des dispositions de la loi sur le cinéma et à la SODEC de débloquer une enveloppe d'aide financière pour les sauver.
Le cabinet du ministre de la Culture, Maka Kotto, a confirmé qu'un comité avait été mis en place pour évaluer différentes avenues. La loi sur le cinéma doit aussi être revue. Un rapport doit être remis sous peu.
«Moi, je suis pour le marché libre, a dit Louis Dussault, président sortant du Regroupement des distributeurs indépendants du Québec et président de K-Films Amérique. Actuellement, le marché est toutefois complètement déséquilibré par un quasi-monopole exercé par eOne, qui est en train d'assécher les petits distributeurs. Ce marché risque de s'effondrer et nous allons perdre des joueurs parmi les neuf boîtes qui restent.»
eOne, c'est un joueur gigantesque, le plus grand distributeur de films au Canada. L'entreprise est cotée à la Bourse de Londres, son plus grand actionnaire est un fonds situé dans les Îles Cayman. La société a une succursale à Toronto.
En 2007, eOne a acheté Séville, puis Alliance, qui était détenu par Investissement Québec et Goldman Sachs. Les deux entités ont ensuite fusionné. Au début de l'année, le Bureau de la concurrence a donné son aval à la transaction. Résultat, Investissement Québec, qui avait investi 150 millions $ dans Alliance a vendu sa participation à perte, engendrant un gouffre de 30 millions $.
La fusion d'Alliance et de Séville a entraîné une rationalisation à l'intérieur du nouveau groupe.
Personne chez eOne n'avait rappelé Argent mercredi soir pour dire combien d'employés travaillaient à Montréal dans cette entité.
«Comment se fait-il qu'autant de deniers publics aient été investis dans Alliance, qui distribue surtout du cinéma américain? s'est interrogé M. Dussault. Les distributeurs indépendants n'ont jamais reçu une telle aide, jamais on n'a eu 150 millions $. Pourtant, nous distribuons notre cinéma national. Et pourquoi le bureau de la concurrence n'a pas mis des conditions?»
Ce qui inquiète encore plus le président de K-Films, c'est le contrôle qu'exerce eOne sur l'industrie.
Pas moins de huit films sur 12 d'eOne ont obtenu leur financement de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).
«Ils contrôlent complètement le jeu. Ils sont subventionnés et ils sont plus grands que nous, donc on peut comprendre qu'ils ont une meilleure capacité de financement et leurs projets sont acceptés», estime M. Dussault.
«On ne peut pas laisser notre cinéma national à une entreprise qui est contrôlée des Îles Cayman, qui a son sous-bureau à Toronto et son "sous-sous" bureau à Montréal. C'est le portrait d'une république de bananes», a-t-il ajouté.
Les neuf distributeurs indépendants font aussi face à un autre problème. Avant, ils distribuaient des films internationaux au Québec. Maintenant, les grands joueurs comme Sony ou eOne les devancent.
«Regardez le cas du film Amour, de Michael Haneke. Je voulais le distribuer, mais on m'a dit que c'est un Sony qui l'avait. Pourtant, cela contrevient à loi sur le cinéma», a raconté M. Dussault.
Les distributeurs indépendants demandent donc à Québec de changer des dispositions de la loi sur le cinéma et à la SODEC de débloquer une enveloppe d'aide financière pour les sauver.
Le cabinet du ministre de la Culture, Maka Kotto, a confirmé qu'un comité avait été mis en place pour évaluer différentes avenues. La loi sur le cinéma doit aussi être revue. Un rapport doit être remis sous peu.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire