jeudi 6 juin 2013

Commerce de détail

Target offrira des produits alimentaires du Québec

Première publication 5 juin 2013 à 11h43
Mise à jour : 5 juin 2013 à 21h00
Target offrira des produits alimentaires du Québec
Crédit photo : Agence QMI
Par Denise Proulx | Argent
Target prépare son entrée au Québec avec une profession de foi envers les produits alimentaires du Québec. En même temps, les grandes chaînes d'alimentation annoncent leur intention de poursuivre leurs campagnes d'achat des aliments locaux.
En prévision de la hausse de la demande que ces intentions généreront, les producteurs agricoles s'estiment capables de fournir tous les aliments voulus.
Par contre, ils ne veulent pas être les seuls à porter sur leurs épaules la responsabilité de l'approvisionnement.
«Il existe des bonnes pratiques d'affaires avec les chaînes pour écouler nos inventaires. Mais, dans les pommes, il n'existe pas une année pareille, tout se renégocie année après année. C'est au niveau de la promotion que ça se joue», a expliqué Jean Fortier, président de l'Association des emballeurs de pommes du Québec.
Les producteurs de pommes planifient même augmenter la productivité de leurs vergers d'ici six ans, si la nature leur est favorable.
«Les consommateurs commencent à être sensibilisés. En pleine saison [estivale], je ne suis pas inquiet. L'enjeu et le défi pour les producteurs maraîchers est le dumping alimentaire », a renchéri André Plante de l'Association des producteurs maraîchers du Québec.
Par exemple, à une dizaine de jours de l'arrivée de la fraise du Québec, les épiciers offrent des fraises des États-Unis à un prix promotionnel, fort avantageux pour les consommateurs. Très souvent, l'écart de prix est de 20% à 40% inférieur au coût de production du même produit québécois. «Ce qu'on demande aux grands distributeurs, au gouvernement et aux grandes chaînes d'alimentation, c'est de porter une oreille attentive à cet enjeu», a-t-il dit.
L'Association des détaillants en alimentation du Québec reconnaît que «c'est la grosse mode», d'offrir des aliments du Québec, et que plusieurs veulent profiter de l'opportunité générée par l'engouement des consommateurs pour les produits locaux. Par contre, l'Association ne considère pas de sa responsabilité d'obliger le consommateur à privilégier le produit québécois à l'aliment étranger.
«Que le gouvernement s'assure de passer le message aux consommateurs, avec un bon porte-parole. Nous, on ne fera pas de ségrégation sur les produits. Nos détaillants font partie d'une bannière et ils doivent offrir les produits annoncés dans les circulaires», a précisé Florent Gravel, le président-directeur général.
Par contre, l'organisation dit tenter de mettre l'épaule à la roue en lancer des concours favorisant les aliments du Québec et encourageant les circuits courts.
«On lance des informations aux fournisseurs pour que les producteurs agricoles puissent trouver une place pour écouler leurs produits chez le détaillant de sa région. On n'impose pas, on tente d'influencer», a-t-il précisé.
Si d'un côté l'Association des détaillants en alimentation fait porter la responsabilité de placer des produits locaux sur les épaules des producteurs eux-mêmes, l'Association des producteurs maraîchers du Québec souhaite que l'engagement de tous les partenaires de la chaîne bioalimentaire soit plus ferme.
«Les chaînes alimentaires ont une responsabilité sociale de favoriser les produits du Québec», a souligné André Plante.

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