jeudi 6 juin 2013

Société des alcools du Québec

Explosion des mesures disciplinaires

Première publication 6 juin 2013 à 15h12
Mise à jour : 6 juin 2013 à 15h44
Explosion des mesures disciplinaires
Crédit photo : Archives Agence QMI
Par Michel Munger | Agence QMI
Les mesures disciplinaires prises par la Société des alcools du Québec (SAQ) explosent depuis 2008 et les syndiqués dénoncent la mise en place de ce qu'ils appellent une «ligne de dénonciation».
Les chiffres ressortant du journal interne du Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ sont frappants. Les mesures disciplinaires ont fait un bond de 370 % à 596 de 2008 à 2012. Les suspensions ou congédiements ont explosé de 549 % à 247. Aussi, le syndicat a déposé 981 griefs en 2012, qualifiant l'année d'«occupée».
Renaud Dugas, porte-parole de la SAQ, a indiqué que l'entreprise fait dorénavant preuve de davantage de vigilance, notamment pour contrer l'absentéisme et les retards.

La ligne qui dérange

Les employés s'attaquent aussi à l'établissement d'une ligne permettant de rapporter à l'employeur tout acte jugé répréhensible par téléphone et par internet. Depuis un an, les travailleurs peuvent signaler une malversation s'ils estiment en constater une.
La SAQ a mis les employés devant le fait accompli, a déploré Katia Lelièvre, présidente du syndicat. «Au moment de nous la présenter, la décision était déjà prise et les papiers étaient déjà imprimés, a dit Mme Lelièvre. Notre contribution a été nulle, à toutes fins utiles.»
«Nous ne sommes pas en mesure de bien comprendre pourquoi la ligne a été implantée, a ajouté Mme Lelièvre. On nous dit que c'est pour faciliter les choses si un employé voulait dénoncer un gestionnaire ou un collègue de travail. Ce lieu existait déjà, avec un département de sécurité ayant le mandat de recevoir des appels.»
La présidente du syndicat a demandé aux travailleurs de ne pas se servir du nouveau mécanisme, craignant pour le climat de travail. «Étant donné que nous vivons de plus en plus de mesures disciplinaires, nous voyons cela comme une façon de punir davantage les employés», a indiqué Mme Lelièvre.
La SAQ a répliqué qu'elle offre des moyens de «divulgation» et non de dénonciation, qui ne vont pas plus loin que ceux des autres. «Plusieurs entreprises, sociétés d'État et municipalités ont aussi de telles lignes», a fait savoir Renaud Dugas.
Le vol à l'interne n'est cependant pas une raison importante derrière le lancement de la ligne. «Les pertes sont en-deça de la moyenne enregistrée par les détaillants», a indiqué M. Dugas.
Pour l'année 2012, le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) a fait savoir que les pertes du secteur se sont élevées à 1,29 % des ventes, pour un total de 851 millions $.
Environ 37 % s'expliquent par les vols et fraudes par les employés, devant le vol à l'étalage par les clients (32 %) et les autres causes.

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